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C’est une construction d‘époque califale du X siècle, érigée par l‘état de Cordoue pour le contrôle et la défense du territoire, spécialement de la zone côtière et de l’embouchure de la rivière Júcar. L’existence de cette enclave à une époque si lointaine coïnciderait avec une revitalisation et un développement urbain au sein de Sharq al-Andalus, plus exactement, à l’est péninsulaire islamique, surtout dans la bande côtière.
Avec la chute du califat, le Château de Cullera fera partie du système de défense de la frontière sud de la taifa indépendante de Valence et continuera à être une pièce clef pendant la première moitié du XII siècle, tout au long de la période almoravide et, postérieurement, de l’empire almohade
Français Castillo de Cullera
1) Son histoire
GPS de Son histoire: 39.1659, -0.24996
C'est une construction d'époque califale du X siècle, érigée par l'état de Cordoue pour le contrôle et la défense du territoire, spécialement de la zone côtière et de l'embouchure de la rivière Júcar. L'existence de cette enclave à... leer más
C’est une construction d‘époque califale du X siècle, érigée par l‘état de Cordoue pour le contrôle et la défense du territoire, spécialement de la zone côtière et de l’embouchure de la rivière Júcar. L’existence de cette enclave à une époque si lointaine coïnciderait avec une revitalisation et un développement urbain au sein de Sharq al-Andalus, plus exactement, à l’est péninsulaire islamique, surtout dans la bande côtière.
Avec la chute du califat, le Château de Cullera fera partie du système de défense de la frontière sud de la taifa indépendante de Valence et continuera à être une pièce clef pendant la première moitié du XII siècle, tout au long de la période almoravide et, postérieurement, de l’empire almohade.
La forteresse passe aux mains chrétiennes pendant le XIII siècle, après une première tentative frustrée de Jaime I, probablement par manque d’approvisionnement et de matériel de guerre. Cependant, en 1239, après la prise de Valence, le Château de Cullera est sous le contrôle du Conquérant.
À partir de la Conquête, le château appartient à différents seigneurs. En principe, la moitié de la forteresse est un don fait aux Hospitaliers tandis que le reste passe aux mains du Vicomte Castellnou.
En 1319, la moitié des Hospitaliers passe à appartenir à l’ordre de Montesa, récemment créé. Au cours de l’année 1330 le château est incorporé à la Couronne Royale, et mis en gage en 1341 à Monsieur de Segorbe et acheté, en 1344, par le Comte de Terrenova.
En 1358 il est racheté par le roi Pierre IV qui l’incorpore au patrimoine royal. Cependant, il est vendu, l’année suivante, à l’échanson royal, Esteve d’Aragon. Pendant la Guerre des deux Pierres – entre Pierre IV d’Aragon et Pierre I de Castille – le château est pris par les troupes castillanes et, postérieurement, récupéré par les Aragonais. C’est alors qu’une bonne partie du château est démoli et ultérieurement reconstruit.
En 1381 le château est vendu par le roi à la ville de Valence qui le maintient en propriété jusqu’en 1402, année où le roi Martin Ier l’Humain l’incorpore de nouveau au Patrimoine Royale et ce, jusqu’en 1707.
Il convient d’expliquer, cher visiteur, que la côte de Valence a été tout au long des années un foyer attrayant pour les pirates barbaresques. Mais l’arrivée du XVI siècle accentue le phénomène par la présence des pirates turcs. La défense du littoral devient alors une priorité et, en conséquence, la réforme du Château de Cullera aussi.
Ainsi donc, si les XIII, XIV et XV siècles furent agités, le XVI siècle signifie, pour le Château de Cullera, son adaptation défensive face à l’augmentation des attaques pirates. Cette adaptation se traduit dans la construction d’une série de bastions et de ravelins, un renforcement des pans de mur avec des escarpes et la disposition de pièces d’artillerie dans différentes tours. Tous ces travaux, ainsi que la construction des tours vigie du littoral et le renforcement de l’église-forteresse de la ville et la construction postérieure de l’enceinte murée urbaine, visent comme nous l’avons déjà commenté, à essayer d’assurer la défense de la ville et du littoral face aux attaques et aux pillages de la piraterie.
Tout au long des XVII et XVIII siècles, le château jouit d’une période de stabilité politique qui se traduira en différents changements de la physionomie du Château. En fait, la transformation est motivée par le besoin de disposer d’espaces habitables afin de recevoir l’ermite et les pèlerins. D’où la construction de bâtiments destinés à abriter les salles du seigneur du château, ainsi qu’une hôtellerie. Tout cela fera perdre à la construction son caractère militaire original au bénéfice d’un aspect plus domestique. C’est à cette époque que se construisent le porche d’entrée, la Salle de la Mer, la Sacristie et le logement du «casteller». L‘état de ruine de ces dépendances et la pauvreté des matériaux antérieurement employés provoquent leur démolition pendant les travaux de restauration.
Au XIX on enregistre une activité militaire importante avec la Guerre du Français aussi appelée de l’Indépendance, siècle au cours duquel il convient seulement de souligner quelques travaux de fortification. C’est postérieurement, avec les guerres carlistes, qu’on effectue les principaux travaux de fortification. Par contre, pendant les premières et secondes guerres carlistes les travaux de fortification affectent à peine le château, et ce sera pendant la troisième guerre carliste que l’on construira des lignes de meurtrières dans la Tour Mayor et dans le Bastion ainsi que la Paroi Occidentale et le Ravelin. Cependant la réforme la plus importante affecte la Tour Mayor, puisqu’on démolit la salle voûtée qui s’y trouve et on la remblaye afin de la transformer en une plate-forme pour l’ensemble des fusils. La Cour des Citernes est un autre espace transformé puisque la moitié nord fut remplie jusqu‘à atteindre le niveau de la moitié sud. Sur ce remplissage on construit lesdits postes Isabellins, consacrés au casernement de troupes. Comme le niveau de la cour est plus haut on construit des meurtrières dans le mur occidental et des gradins supérieurs pour y accéder.
Après ces épisodes de guerre, le château tombe dans un état d’abandon et seulement la présence d’un ermite s’occupant de la chapelle de la Vierge du Château évite la démolition du château. Postérieurement, dans la deuxième moitié du XX siècle une Communauté de moines franciscains s’y installe et construit un sanctuaire juste à côté du château. Quelques parties du château telles que la Chapelle ou la Salle d’Armes, ont été réformées pour leur donner un usage scolaire, tandis que la cour s’est transformée en stade de football improvisé.
2) Son architecture
GPS de Son architecture: 39.1659, -0.24996
Actuellement la forteresse, située à un niveau plus élevé que tout l'ensemble défensif, est composée par une série d’éléments, tours et courtines, structurés autour d'une cour centrale. La forteresse présente un plan rectangulaire... leer más
Actuellement la forteresse, située à un niveau plus élevé que tout l’ensemble défensif, est composée par une série d’éléments, tours et courtines, structurés autour d’une cour centrale. La forteresse présente un plan rectangulaire irrégulier, avec de longs côtés correspondant à la muraille occidentale, majoritairement un mur d‘époque isabelline qui montre des meurtrières ordonnées et orientées vers la ville; tandis que l’orientale, regardant sur la mer, est renforcée par la Tour Blanche. Les côtés courts sont occupés par la Tour Mayor et le Bastion, ainsi que par un pan de mur interrompu par la Tour du Respatller ou Redona. Dans le coin sud-est s’érige la Tour du Cap d’Altar.
L’accès se situe dans la paroi occidentale, à travers une petite embrasure avec un arc en plein cintre en briques, protégé par le Ravelin. A l’intérieur, un couloir auparavant couvert comme s’il s’agissait d’un porche, fait fonction de distributeur vers les différentes dépendances, ainsi que vers les différents niveaux.
La Chapelle ou Ermita Vella est située au premier niveau, composée de deux nefs formant un « L ». On y trouve aussi un accès à la citerne, et un escalier adossé à cette dernière débouchant sur la Cour d’Armes ou Pati dels Aljups, situé dans un niveau sensiblement plus élevé.
Depuis la Cour on accède aux étages supérieurs de la Chapelle : la Salle d’Armes et la terrasse de la Salle de la Mer, cette dernière est utilisée en tant que logement de l’ermite ou casteller et l’hôtellerie. D’ici, on parvient aussi au corps supérieur de la Tour Blanche et à sa terrasse. De ce point nous arrivons au chemin de ronde, duquel on accède à la plate-forme du Bastion et, de là, à la Tour Mayor, le lieu le plus inexpugnable de toute l’enceinte fortifiée.
3) Accès et Ravelin
GPS de Accès et Ravelin: 39.1659, -0.24996
L’accès au château se fait à partir d'un escalier extérieur qui surmonte une dénivellation notable et qui débouche sur la plate-forme du ravelin ou tour extérieure défensive qui, conduit, à son tour, vers la porte d'entrée à la... leer más
L’accès au château se fait à partir d’un escalier extérieur qui surmonte une dénivellation notable et qui débouche sur la plate-forme du ravelin ou tour extérieure défensive qui, conduit, à son tour, vers la porte d’entrée à la forteresse.
Cependant le visiteur doit savoir que cet accès n’est pas l’original, sinon qu’il est conditionné par la construction du Sanctuaire en 1896, et par ses dépendances annexes au XX siècle, modifiant sa configuration médiévale.
Faisons donc un effort imaginatif et pensons à sa configuration primitive. Avant que ces constructions ne se réalisent, on y accédait par la partie donnant sur la mer, entre la barbacane et la forteresse.
Nous savons que l’entrée au château se trouvait dans la paroi orientale de la première albacara ou Albacar Vell, défendue par la Tour du Cap d´Altar, d’où partait une espèce de couloir coudé situé entre la barbacane et la forteresse jusqu’à parvenir dans le château sous la porte actuelle. De cet ensemble- barbacane et couloir– on n’a conservé que la partie finale, donnant sur les escaliers d’accès, et qu’il est possible d’admirer avant d’entrer dans la forteresse. La barbacane, est détruite à cet endroit au cours des premières années du XX siècle pour y créer le nouvel accès à la forteresse
En ce qui concerne le ravelin, tour extérieure qui couvre la courtine d’un fort et la défend, c’est une construction très caractéristique du XVI siècle permettant l’installation d’artillerie sur sa terrasse. Dans le Château de Cullera, le ravelin est construit pour une plus grande défense de la porte d’entrée et logiquement adossée à la barbacane d‘époque almohade. Cette nouvelle restructuration requiert l’ouverture d’une embrasure ou creux, dans la barbacane même, afin de pouvoir accéder à la forteresse. Cette embrasure y demeure jusqu’au début du XX siècle, quand elle est détruite pour créer le nouvel accès au château. Les meurtrières de la paroi nord du ravelin datent du XIX siècle, concrètement de l‘époque des guerres carlistes.
4) Chapelle gothique
GPS de Chapelle gothique: 39.1659, -0.24996
Traversez, cher visiteur, la porte d'accès afin de pouvoir admirer la Chapelle ou Ermita Vella. L'entrée principale de la construction se situe à droite et c’est actuellement le lieu d'exposition de l'importante collection du Musée Municipal... leer más
Traversez, cher visiteur, la porte d’accès afin de pouvoir admirer la Chapelle ou Ermita Vella. L’entrée principale de la construction se situe à droite et c’est actuellement le lieu d’exposition de l’importante collection du Musée Municipal d’Histoire et d’Archéologie de Cullera.
La première chose qui vous surprendra de la Chapelle c’est sa beauté et sa stylisation. Il s’agit d’un bâtiment religieux, construit entre la moitié du XV siècle et la seconde moitié du XVI, ouvrage du maître tailleur de pierres Joan d´Alacant. Il possédait, à l’origine, un plan de salon, correspondant à l’aile est-ouest, couverte par des voûtes en croisée d’ogives dont les arcs en ogive convergent vers une clef et reposent sur les chapiteaux qui s‘élèvent sur des pilastres en pierre. Ces arcs apportent de la hauteur et de l’harmonie à l’ensemble.
Dans la deuxième moitié du XVI siècle l’on décide de construire une nouvelle salle à l’imitation de la chapelle, bien qu’avec des différences stylistiques importantes dans la conception des arcs et des voûtes. De cette manière, les deux domaines s’unifient formant un plan singulier en forme de « L ». En principe, la fonction de cette aile nord n’est pas celle de chapelle agrandie sinon de réfectoire ou salle à manger – comme l’indique la documentation contemporaine de l’époque – et ce ne sera qu’au XVIII siècle qu’il sera intégré dans le cadre du culte religieux.
Cet espace donne lieu, moyennant un grand arc diaphragmatique, c’est à dire, disposé dans la direction transversale de l’espace construit, à un espace ouvert à l’image d’une cour. Cette cour est pavée de briques en céramique et possède deux bancs adossés à la muraille. Dans sa partie gauche on y construit un escalier communiquant avec la Cour des Citernes. Au-dessus de la clef de l’arc, une niche parachevée par un auvent afin d’y abriter une image religieuse, probablement celle de la Vierge du Château, à laquelle est consacrée la Chapelle.
Pendant les XVII et XVIII siècles, on documente la fermeture de toutes les embrasures et accès pour, postérieurement, remplir tout l’espace jusqu‘à atteindre le niveau de la Cour des Citernes et construire par-dessus, un nouveau bâtiment appelé la Sacristie. C’est alors que le réfectoire ou salle à manger ou chapelle s’ouvre au culte, conformant ce plan singulier en « L ».
Les fouilles archéologiques réalisées dans le sous-sol de la Chapelle ont apporté des données intéressantes sur l‘évolution constructive de cet espace. Nous savons ainsi qu’avant la construction de la chapelle il y avait un bâtiment islamique ayant un corps supérieur et des entrepôts souterrains. Les Tours du Cap d´Altar et du Respatller, cette dernière avec accès direct depuis l’étage inférieur du bâtiment, s’y adossaient. Les matériaux archéologiques localisés pendant les fouilles ont apporté une chronologie des XI et XII siècle, c’est-à-dire, des périodes les plus anciennes.
5) Cour et muraille avec meurtrieres
GPS de Cour et muraille avec meurtrieres: 39.1659, -0.24996
La cour est l'espace central du château duquel s’articulent toutes les dépendances. La mal appelée Cour d'Armes, est historiquement connue sous le nom de Cour des Citernes ou Cour des Réservoirs. Si l’on parle de citernes, il y en a... leer más
La cour est l’espace central du château duquel s’articulent toutes les dépendances. La mal appelée Cour d’Armes, est historiquement connue sous le nom de Cour des Citernes ou Cour des Réservoirs. Si l’on parle de citernes, il y en a précisément deux dans le Château, toutes les deux dans la moitié sud – ce sont les seules constructions propres qu’abrite la cour.
Cher visiteur, revenons en arrière dans le temps, afin d’essayer de visualiser le travail réalisé dans cet espace. Les fouilles ont effectivement permis de vérifier que la cour se trouvait à un niveau beaucoup plus bas que l’actuelle. Ces mêmes fouilles ont détecté trois moments de remplissage de la cour :
• Un premier moment correspondant au XVI siècle, où l’on remplit toute la surface de la cour mais sans couvrir les citernes, laissant visible un pavement de terre aplatie.
• Un second moment, au cours du XVIII siècle, pendant lequel on ne remplit que la moitié sud de la cour jusqu‘à dissimuler les citernes, laissant à la vue un pavement de carreaux de faïence en céramique.
• Un troisième moment – pendant les guerres carlistes du XIX siècle –au cours duquel l’on remplit la moitié nord afin de l’égaler à la moitié sud, laissant toute la cour au même niveau et unifiant tout le pavement avec des carreaux de faïence en céramique.
La construction de ladite Sacristie- étage inférieur du logement du casteller ou gardien du château- implique le remplissage de tout l’espace de la cour et ce, presque 3 mètres, à l’exception de l’espace couvert par le porche d’entrée à la Chapelle, et la condamnation définitive de l’accès nord à la Chapelle à travers l’arc, rendant inutile en même temps la petite cour qui la précédait. La construction des dénommées «Nouvelles Salles» – ou nouveaux bâtiments- au XVIII siècle provoque l’actuelle composition de la cour et de l’accès, sur deux plans différents.
Parlons maintenant dudit Mur avec meurtrières Isabellin qui, dans sa configuration actuelle, fait partie d’une série de constructions et de rénovations effectuées dans le château vers le milieu du XIX siècle suite aux guerres carlistes.
D’emblée, il est nécessaire de clarifier que ce mur est beaucoup plus ancien. Les fouilles archéologiques réalisées ont permis d‘établir sa séquence constructive: à l’origine, il s’agit d’un mur de caractère islamique, réformé au XVI siècle en ouvrant deux embrasures afin d’y placer deux ribaudequins ou canons de demi- portée. Au XVIII siècle, la moitié sud de ce mur s’écroule, c’est pourquoi il faut en lever un nouveau mais le plaçant cette fois en retrait, c’est-à-dire, en réalisant une séparation minime sur l’alignement originel, comme nous pouvons le constater encore aujourd’hui.
Finalement au XIX siècle et par impératif de guerre, on réalise les dernières rénovations pour adapter la paroi aux besoins dérivés des guerres carlistes.
6) Salles d´armes
GPS de Salles d´armes: 39.1659, -0.24996
Le visiteur sait qu'il n'y a pas château sans Salle d'Armes. Celle du château de Cullera est une salle rectangulaire située au-dessus de la Chapelle. La salle occupe l’espace supérieur d'un ancien bâtiment islamique, mais elle n’est... leer más
Le visiteur sait qu’il n’y a pas château sans Salle d’Armes. Celle du château de Cullera est une salle rectangulaire située au-dessus de la Chapelle. La salle occupe l’espace supérieur d’un ancien bâtiment islamique, mais elle n’est vraiment aménagée en salle d’armes qu’après la construction de la Chapelle. La superposition d‘éléments architectoniques, des plus anciens, c’est-à-dire islamiques, à ceux plus récents, est une constante dans le château de Cullera. Pour essayer de récupérer dans la mesure du possible l’aspect originel de chacune des salles, il a fallu faire de gros efforts, consistant en des travaux exhaustifs de fouilles et d‘étude de la documentation existante. Rien n’a été laissé à l’hasard, c’est pourquoi le visiteur pourra admirer le travail bien fait, et comme exemple, cette Salle d’Armes.
Témoignage de cette étape, les pans de mur en terre alternant avec des couches de chaux, et l’arc en fer à cheval, typique de l’art islamique, qui était l’accès original à cette salle et ce, jusqu’au XVIII siècle. L’accès de la cour s’effectuait par un autre escalier, disparu de nos jours, qui permettait l’entrée à la salle par cet arc en fer à cheval, aujourd’hui transformé en fenêtre-mirador.
Pendant les travaux d’archéologie, l’on découvre jusqu‘à trois couvertures différentes qui correspondraient à des moments chronologiques différents. Un premier moment, islamique, pendant lequel la couverture était plus basse. Une seconde période, au XVI siècle et un troisième moment, au XX siècle. L’armature ou la couverture que l’on peut actuellement contemplée reproduit fidèlement celle primitive datant du XVI siècle, c’est-à-dire une couverture plate, bien qu’avec une légère inclinaison vers la cour pour la conduite de l’eau de pluie vers les citernes.
Le visiteur doit savoir que les restes de l’ancienne décoration picturale que montraient ses parois, méritent tout un chapitre. Il s’agit d’une série répétée telle une frange décorative située sur la partie supérieure des murs. A l’origine la salle était peinte dans sa totalité en ocre rouge, de couleur terre rouge. Sur cette couleur de base, aujourd’hui disparue, on apprécie les nombreux grands traits effectués à l’aide de charbon indiquant la position correcte des dessins.
On conserve dans la partie supérieure deux éléments décoratifs décrivant une forme lobulaire simple d’où pend une cloche, réalisés sur la paroi par incision et, postérieurement, peints en blanc et marqués avec la pointe de pinceaux. Les traits des contours et des figures contenues, sont décorés avec de la peinture noire.
La salle offre au visiteur d’autres restes pariétaux d’intérêt indubitable. Par exemple, dans le côté gauche de l’arc en fer à cheval nous trouvons gravé le panneau d’un Qirkat ou jeu de dames d‘époque islamique. Nous ne connaissons pas sa véritable signification, puisque la position qu’il occupe ne sert pas au jeu. Il fut probablement réalisé dans une certaine intention symbolique ou le fruit d’un simple divertissement de la part de celui ayant construit l’arc.
Près de la grande fenêtre située dans le côté ouest de la salle, l’on trouve les restes d’une peinture murale, de la fin du XVIII siècle, reproduisant le drapeau de la marine marchande espagnole selon la conception commandée par le roi Charles III. Le fait que toute la salle soit décorée avec ce drapeau nous fait penser à une possible relation entre cette salle et la Marine Marchande, renforçant l’idée de la relation constante entre Cullera et la mer qui l’entoure et la protège.
Près de ces peintures, on a localisé l’une des pesettes appelées « de la mà al cul », exposée dans le Musée Municipal d’Histoire et d’Archéologie, dont le monnayage commença entre la seconde et la troisième guerre carliste, précisément à l’époque au cours de laquelle le château a une grande importance stratégique.
La Salle d’Armes possède aussi un accès aux deux tours les plus anciennes du château: la Tour du Respatller et la Tour de Cap d´Altar, nouvelle preuve que l’occupation du château est beaucoup plus ancienne, la situant chronologiquement au XI siècle.
7) Tour du Respatller ou Ronde
GPS de Tour du Respatller ou Ronde: 39.1659, -0.24996
Le visiteur doit savoir que la Tour du Respatller, avec un plan semi-circulaire, est d'origine islamique. Tout comme la Tour du Cap de l'Altar, elle avait pour fonction de défendre, comme s’il s’agissait de colosses en maçonnerie et mortier... leer más
Le visiteur doit savoir que la Tour du Respatller, avec un plan semi-circulaire, est d’origine islamique. Tout comme la Tour du Cap de l’Altar, elle avait pour fonction de défendre, comme s’il s’agissait de colosses en maçonnerie et mortier de chaux, l’entrée principale à la forteresse de Cullera, située dans le mur oriental de la première albacara ou enceinte fortifiée. L’accès, appelé porta falça devés la mar, permettait l’accès à un couloir coudé généré entre la forteresse et la barbacana- structure défensive qui servait de support à la paroi de contour où se trouve précisément cette tour.
Le visiteur doit aussi savoir que le plan et la technique de construction, auxquels il faut ajouter les résultats des fouilles archéologiques, certifient son antiquité et situent cette tour à l‘époque du démembrement du califat de Cordoue, avec Hisham II à la tête, et de la formation de petits royaumes indépendants- ladite première taifa, au début du XI siècle. Sa similitude avec les tours semi-circulaires de la clôture de la même période de la ville de Valence, est surprenante.
Pendant le processus des fouilles archéologiques, l’on détecte différents moments d’utilisation avec diverses restructurations en fonction des vicissitudes historiques mettant en danger l’intégrité de ses habitants. Au cours du moment le plus ancien, allant du XIV au XVI siècles, on annule l’accès originel à la tour qui se faisait depuis l’actuelle Chapelle -auparavant bâtiment islamique, comme le visiteur avisé peut observer sur la paroi sud.
Dans un deuxième moment, entre les XVI et XVIII siècles, on entreprend diverses réformes dans tout le château destinées à défendre Cullera des attaques pirates.
C’est au cours de cette période que commence à s’effectuer l’accès à la tour depuis la porte existante dans la Salle d’Armes. Les guerres carlistes du XIX siècle provoquent les dernières réformes puisqu’on aménage la tour avec des guérites et des postes de surveillance qui s’annuleront avec la fin du conflit armé et la construction du Sanctuaire à la fin du XIX siècle.
L’une des premières références à cette tour pourrait être la mention apparaissant dans les comptes-rendus d’ouvrage du XVI siècle, dans lesquels elle apparaissait sous le nom de Tour Redona, la plaçant dans le mur de l‘église en direction de l’albacara. On prétend actuellement récupérer l’image de tour islamique en maintenant le niveau de sa terrasse et de son mur défensif, ainsi que son accès original.
8) Tour du Cap D‘Altar
GPS de Tour du Cap D‘Altar: 39.1659, -0.24996
La Tour de Cap d'Altar- tout comme la Tour du Respatller- avait l'importante fonction de défendre l'entrée principale à la forteresse de Cullera, qui s’effectuait justement, par la dénommée «porta falça devés la mar», située dans la... leer más
La Tour de Cap d’Altar- tout comme la Tour du Respatller- avait l’importante fonction de défendre l’entrée principale à la forteresse de Cullera, qui s’effectuait justement, par la dénommée «porta falça devés la mar», située dans la paroi orientale de la première albacara ou enceinte protégée, et qui donnait accès à un couloir coudé généré entre la forteresse et la barbacana.
C’est une tour en coin avec un plan semi-circulaire, massive jusqu‘à la hauteur des chemins de ronde et à laquelle on accède depuis la Salle d’Armes. Son plan, la technique de construction- maçonnerie et mortier de chaux- les résultats des fouilles archéologiques, nous indiquent, cher visiteur, que la Tour de Cap d’Altar, tout comme celles de Respatller ou de Redona, situe à l‘époque du démembrement du califat de Cordoue et de la formation de petits royaumes indépendants- la dénommée première taifa-, au début du XI siècle. De la même façon que la Tour du Respatller, sa ressemblance avec les tours semi-circulaires de la même période de la ville de Valence, est surprenante.
L’on prétend actuellement, cher visiteur, récupérer l’aspect de tour islamique en maintenant le niveau de sa terrasse, le mur défensif et les meurtrières inférieures. À cet effet, l’on a dû démolir un auvent du XVIII siècle et murer une fenêtre frontale qui défigurait son image originale. Travaux difficiles au bénéfice d’une tour qui a souffert tout au long de l’Histoire des adversités de tout type. De sorte que, déjà durant le règne de Pierre IV, le roi lui-même, après une visite au château, ordonne: « On doit refaire la tour d’en bas, celle qui est près de l‘église », référence claire à cette Tour de Cap d’Altar qui, au XIV siècle, présentait déjà de sérieux problèmes d’entretien.
9) Salle de la mer et logement du Casteller
GPS de Salle de la mer et logement du Casteller: 39.1659, -0.24996
Le voyageur, le visiteur, doit faire un exercice d'imagination pour comprendre qu’aussi bien la dénommée Salle de la Mar que le bâtiment connu sous le nom de logement du « casteller », sont construits pendant le XVIII siècle sur les... leer más
Le voyageur, le visiteur, doit faire un exercice d’imagination pour comprendre qu’aussi bien la dénommée Salle de la Mar que le bâtiment connu sous le nom de logement du « casteller », sont construits pendant le XVIII siècle sur les dépendances médiévales du château, concrètement sur la Chapelle et la Tour Blanche. Cela provoque une défiguration totale de la morphologie de la forteresse qui perd ainsi son caractère militaire et son essence originale propre.
En outre, l‘état de ruine de ces salles les rend irrécupérables, c’est pourquoi on opte – pendant le processus de reconstruction- pour la récupération de son aspect en tant que forteresse avant sa transformation « domestique ». En d’autres termes: ces deux dépendances, ont été démolies. Cependant, il convient que le visiteur sache comment étaient celles-ci et quelles étaient leurs utilités.
La dénommée Salle de la Mer faisait, en réalité, partie du logement du « casteller » ou ermite, configurée comme un habitacle à grandes arcades et ouvert sur la cour, couvert avec la même toiture- à une eau – que la Tour Blanche, mais prolongée sur cette salle. La toiture commune a entraîné l’annulation du système de récolte de l’eau de pluie dans les citernes et, par conséquent, l’annulation totale de son fonctionnement.
La salle communiquait directement avec le corps supérieur de la Tour Blanche, à laquelle on réalise une deuxième porte après avoir été compartimentée en son intérieur. Dans la partie supérieure on construit une cuisine pour l’ermite ou casteller, ainsi que pour les pèlerins qui montent visiter l’ermitage ou Capella Vella du château. La chambre contiguë était utilisée en tant que dortoir. Avec l’arrivée du XX siècle la moitié de la tour est intérieurement revêtue de béton afin d’y abriter un réservoir.
Le bâtiment appelé Sacristie, n’était pas tel en réalité. Il s’agissait d’une construction rectangulaire composée d’un rez-de-chaussée, au même niveau que la cour, et d’un premier étage, au niveau du chemin de ronde, de la Salle de la Mer et de l’accès à la Tour Blanche avec lesquelles il était communiqué. La Sacristie fonctionnait comme hôtellerie pour les pèlerins, entrepôt et réfectoire.
Il faut ajouter, cependant, que les travaux d’excavation menés à bout dans le sous-sol de la Sacristie et dans le couloir d’accès à la Cour des Citernes, apportent un matériel intéressant qui permet de reconstruire la vie que menaient les habitants du château. Nous pouvons ainsi savoir qu’ils possédaient un important trousseau domestique pour la réalisation des différentes tâches domestiques (emmagasinage, cuisine, service de table) tels que cuvettes, casseroles et marmites. On y découvre aussi des assiettes décorées par des ateliers de Manises, de Catalogne, de Liguria ou de la Toscane. On récupère du matériel abondant relatif à la faune, conséquence de la vie domestique menée dans cet espace, tels que des escargots, des vertèbres de poisson, des coquilles de mollusques et des os de chèvre et de bovidés.
10) Tour Blanche
GPS de Tour Blanche: 39.1659, -0.24996
La Tour Blanche ou Carrée est une tour à plan quadrangulaire construit sur trois de ses côtés et le quatrième, adossé à la paroi islamique préexistante, sur laquelle il s’élevait. La chronologie de la construction se perd dans le temps... leer más
La Tour Blanche ou Carrée est une tour à plan quadrangulaire construit sur trois de ses côtés et le quatrième, adossé à la paroi islamique préexistante, sur laquelle il s’élevait. La chronologie de la construction se perd dans le temps ; en fait, elle n’est pas déterminée avec exactitude ; toutefois, le matériel utilisé- mur en béton et maçonnerie, et la morphologie- tour creuse, nous renvoient probablement, à l‘étape finale de la domination almohade.
De toute façon, la construction est postérieure au XI siècle et antérieur au XVI, puisque les comptes rendus d’ouvrage correspondant à ce dernier siècle rapportent des travaux de restructuration et défense dans le château- n’oubliez pas que ce dernier appartient à l‘époque des attaques pirates périodiques; en ce qui concerne la Tour Blanche on y stockait de la poudre. En outre, et avec une prévoyance juste, on y ajoute qu’il est nécessaire de la transférer pour effectuer une meilleure défense de la porte principale du château.
Faisons une petite pause et essayons de suivre la chronologie : l’on a clairement constaté que ce sera pendant la période finale de la domination almohade- à la fin du XII et début du XIII siècle- moment où l’on assiste à une grande activité constructive dans le château de Cullera, avec la réalisation de l’actuelle Tour Mayor – sur une autre tour précédente, la construction du grand albacara ou l’enceinte inférieure et des murailles de la ville ou faubourg islamique.
C’est pourquoi, cher visiteur, l’on considère que la construction de la Tour Blanche date de cette époque. De la même façon, la disposition particulière des meurtrières dans les coins et les orifices extérieurs afin d’abriter les manteletes (portes basculantes en bois protégeant les défenseurs des tirs des attaquants), sont très semblables à ceux de la Tour de la Reine Mora ou de Sainte Ana, dont la chronologie est établie – grâce à une intervention archéologique et à une restauration récente- dans les derniers moments de la domination musulmane.
Admirons la Tour Blanche qui s’élève à 16 mètres de hauteur et passons à l’intérieur, divisé en deux étages: l’inférieur auquel on accède depuis la Chapelle et le supérieur auquel on accède depuis la terrasse de la Salle de la Mer. Elle possède une terrasse crénelée de laquelle on aperçoit, dans toute sa splendeur, la baie de Cullera. La terrasse est conçue pour recueillir l’eau de pluie et la conduire dans les citernes.
Il se peut qu’une des dépendances du niveau inférieur de la Tour Blanche soit utilisé à un certain moment comme Sacristie, donnant couverture aux besoins de la Chapelle. Dans la seconde moitié du XVIII siècle, l’on construit une cuisine dans les salles de la partie supérieure, pour l’ermite et les pèlerins qui montaient vers l’ancien ermitage du château, murant les meurtrières et créant une toiture à une eau, défigurant ainsi le caractère militaire de la tour de guet.
En outre, l’on édifie juste devant la tour les dénommées Salles de la Mer et la Sacristie. La première faisait, en réalité, partie du logement du « casteller » conformée comme un habitacle à grandes arcades et ouvert sur la cour. La Sacristie, faisait les fonctions d’hôtellerie, d’entrepôt, et de réfectoire. Au XX siècle, la moitié de la tour est intérieurement revêtue de béton pour y loger un réservoir.
Pendant les travaux de restauration de la tour on découvre quelques embrasures originelles et des meurtrières, lui restituant ainsi son aspect initial.
On a pu aussi savoir qu’elle n‘était pas couverte, mais qu’elle possédait une terrasse crènelée avec un accès depuis la Salle de la Mer, au moyen d’un escalier en bois, et que le sol de la terrasse avait une légère inclinaison vers la cour afin de conduire toute l’eau de pluie vers les citernes- le stockage de l’eau fut longtemps une nécessité primordiale- moyennant un système de canalisations céramiques encastrées dans le mur.
11) Mur oriental
GPS de Mur oriental: 39.1659, -0.24996
Il faut expliquer, cher visiteur, que le pan oriental est le tronçon de muraille délimitant la forteresse à l'est et allant de la Tour Blanche ou Carrée jusqu'au Bastion.
Une fois ce point éclairci, il faut dire que le pan de mur présente... leer más
Il faut expliquer, cher visiteur, que le pan oriental est le tronçon de muraille délimitant la forteresse à l’est et allant de la Tour Blanche ou Carrée jusqu’au Bastion.
Une fois ce point éclairci, il faut dire que le pan de mur présente de nombreuses réparations effectuées tout au long de plusieurs siècles, fruit des vicissitudes historiques, laissant des traces dans sa physionomie, puisque c’est la partie du château ayant souffert le plus intensément les attaques ennemies, surtout, pendant l‘époque des incursions pirates. En fait, il faut mettre en relation beaucoup des travaux de réparation avec la construction du Bastion et de sa terrasse, lieu où l’on place des pièces d’artillerie de caractère défensif.
Les travaux de recherche soulignent qu’une partie du pan de mur depuis la Tour Blanche vers l’extérieur fut construite de nouveau avec de la maçonnerie et du mortier. Toutefois le reste du pan jusqu’au Bastion apparaît dédoublé. Ceci signifie qu’un parement en maçonnerie et mortier de chaux couvrant la base surgit sur une base de bloc de pisé de terre d‘époque islamique.
Le chemin de ronde se situe dans la largeur de la partie supérieure du tronçon de ce pan oriental. Ce chemin de ronde donne accès au Bastion et de là à la Tour Mayor. Le parcours du chemin de ronde présente une série de créneaux de différentes époques :
Les créneaux situés dans l’extrémité sud, construits en bloc de pisé en béton, semblent correspondre au crénelage le plus ancien, l’almohade, bien que sûrement avec des ajouts postérieurs.
Ces créneaux conservent des orifices dans les extrémités pour la mise en place de manteletes ou battants couvrant les créneaux, semblables à ceux qui apparaissent, par exemple, dans la Tour Blanche.
Ceux situés dans l’extrémité nord présentent une fabrication différente, en maçonnerie et brique, avec des meurtrières ressemblant à celles situées dans la paroi occidentale, du XVIII siècle.
Le visiteur doit savoir que, de la même façon que dans d’autres parties du château, le pan se trouvait masqué par des constructions beaucoup plus récentes qui empêchaient sa vision imposante. Comme exemple, l’intervention archéologique met en évidence l’existence d’un escalier adossé, qui, depuis la zone nord de la Cour d’Armes, aboutit sur le chemin de ronde du pan oriental.
12) Le Bastion
GPS de Le Bastion: 39.1659, -0.24996
Pour le visiteur le Bastion est une construction propre au XVI siècle. Mais ce sera seulement en apparence puisque la construction est, réellement, une adaptation aux nouveaux besoins de défense : plus exactement l'utilisation d'armes à feu et... leer más
Pour le visiteur le Bastion est une construction propre au XVI siècle. Mais ce sera seulement en apparence puisque la construction est, réellement, une adaptation aux nouveaux besoins de défense : plus exactement l’utilisation d’armes à feu et de poudre depuis une tour préexistante. C’est ce que les fouilles ont démontré.
Mais, en plus, les différents comptes-rendus d’ouvrage du XVI siècle parlent de l’existence d’une tour (torrió, torrigó, turrijó, turrija, dénominations selon la documentation de l‘époque) qui est réparée et adaptée afin de la transformer en Bastion. Ces données sont révélatrices quant à la situation topographique du Turrijó mentionné- zone de passage obligatoire pour accéder à la Tour de Sueca ou Mayor, et sa reconversion en Bastion pour une double fonction: la protection face à une attaque piro-balistique et la possibilité d’emplacement de pièces d’artillerie adéquates afin de repousser n’importe quel attaque ennemi.
Dans l’un des comptes-rendus de 1583 on sollicite des pièces d’artillerie, plus précisément un sacre, pouvant tirer des balles de 4 à 6 livres- de deux à quatre kilos, et une demi couleuvrine, capable de lancer des projectiles de 9 à 12 livres – entre 5 et 6 kilos approximativement.
Les modifications du XIX siècle, conséquence directe des moments agités des guerres carlistes, entraînent une montée de la plate-forme supérieure du Bastion, ce qui entraîne la construction d’un escalier qui élimine la différence de niveau entre l’adarve ou chemin de ronde et la nouvelle plate-forme, tandis que la porte d’accès à la Tour Mayor est partiellement refaite. C’est à cette époque que correspondraient les murs avec des meurtrières que présentent actuellement le Bastion.
De la tour précédente, le Turrijó des sources, situé sous le Bastion, nous avons une documentation archéologique qui démontre la chronologie islamique. En précisant un peu plus, nous pouvons assurer qu’il s’agit d’une tour antérieure à l‘époque almohade, construite en même temps que la Tour Cap d’Altar et la Tour Respatller, et la dater autour du XI siècle. Cette tour à plan semi-circulaire, peut être observée par le visiteur de l’extérieur de la forteresse émergeant depuis l’intérieur du Bastion même.
13) Tour Mayor
GPS de Tour Mayor: 39.1659, -0.24996
La Tour Mayor est une tour à plan carré, de 15 mètres de base et 16 mètres de hauteur. Cette envergure, imposante, lui permet de dominer tout le paysage et de contrôler la rivière Júcar, vers l'ouest, et la baie, vers l'est.
La chronologie... leer más
La Tour Mayor est une tour à plan carré, de 15 mètres de base et 16 mètres de hauteur. Cette envergure, imposante, lui permet de dominer tout le paysage et de contrôler la rivière Júcar, vers l’ouest, et la baie, vers l’est.
La chronologie de la Tour Mayor est très vaste car elle possède des réformes de toutes les époques. L’actuelle construction s’érige sur une tour primitive, construite probablement entre les IX et X siècle, en maçonnerie entravée avec du mortier de chaux et un treillis de bois en forme de grille – que le visiteur peut observer en son intérieur et qui conforme une caractéristique différenciatrice quant aux autres systèmes constructifs situés dans toute la partie est de la péninsule islamique.
Le transport de bois au long de la rivière Júcar depuis les monts de Cuenca jusqu‘à l’embouchure à Cullera afin d’approvisionner les dépôts de Dénia est peut-être en relation avec l’utilisation de bois dans les systèmes constructifs des tours du Château de Cullera. Cette tour primitive est maintenue jusqu‘à la fin du XII siècle ou début du XIII siècle, moment au cours duquel est construite l’actuelle tour de mur de pisé- déjà à l’époque almohade- qui couvrait la précédente en maçonnerie. Effectivement, la Tour Mayor comme nous pouvons la contempler depuis l’extérieur est une oeuvre almohade effectuée en mur de pisé mélange de maçonnerie et de béton de chaux.
Le visiteur a sûrement entendu les différents noms que la Tour Mayor a eu tout au long de l’histoire. En effet, la Tour Mayor apparaît documentée avec différents noms le long de l’histoire. La mention la plus ancienne, nous la trouvons dans un document de l‘époque de Pierre le Grand d’Aragon au XIII siècle dans lequel on la nomme Tour Celoquia, c’est-à-dire, la plus importante.
Dans les comptes-rendus d’ouvrage du XVI siècle, rapportant les travaux de fortification et de défense entrepris dans le château, elle apparaît indistinctement avec le nom de Tour de Sueca ou de Tour Rouge. Le nom de «Tour de Sueca» est justifié en raison de son orientation vers la ville de Sueca, tandis que le nom « Tour Rouge » est dû à la couleur que le mortier riche en argile accorde à ses pans de mur.
Une fois ce point éclairci, continuons avec d’autres données tout aussi intéressantes.
Grâce aux fouilles archéologiques réalisées en son intérieur, nous savons que la tour était solide jusqu’au niveau d’accès- situé dans le même endroit qu’aujourd’hui- elle contait une salle voûtée et une terrasse parachevée de meurtrières. Devant la porte d’entrée à la tour, il existait une autre tour – tour que l’on cite dans la documentation du XVI siècle avec les noms de torrió, turrijó, torrigó ou turrija- qu’il fallait traverser et qui défendait son accès.
Et maintenant, cher visiteur, revenons en arrière dans l’Histoire pour essayer d‘éclaircir quelques détails de plus. Avec la conquête chrétienne de Jaime I, la moitié du château passe aux mains de l’Ordre de San Jean de l’Hôpital, et ainsi les hospitaliers deviennent les propriétaires de la Tour Mayor. En 1319, la tour passe aux mains de l’Ordre de Montesa, récemment créée.
Le château est récupéré de nouveau, pour la Couronne d’Aragon par Pierre IV en l’an 1358 et c’est, précisément, pendant la guerre entre Castille et Aragon (1356-1369) – également connue sous le nom de «Guerre des deux Pedros » – que le château souffre non seulement le harcèlement et la conquête des castillans, mais aussi un changement de propriétaire : il appartient de nouveau à la Couronne d’Aragon, et le roi Pierre IV ordonne de démolir quelques tours et pans de mur qui se trouvent en mauvais état, à la suite de la guerre, afin de construire de nouvelles défenses.
Tout au long du XVI siècle l’on réalise quelques réformes dans la tour tout comme dans le reste de la forteresse afin de l’adapter aux nouvelles exigences de défense dérivées fondamentalement, du danger des attaques pirates. A l’extérieur, on démolit les parois de la terrasse et on pave celle-ci avec un mélange de fragments céramiques triturés et de la chaux. On lève la terrasse quelque 44 centimètres en oeuvre de maçonnerie et on l’aménage afin de conduire toute l’eau de pluie vers les citernes.
On érige le mur de la tour et construit quinze tourelles, les dotant d’artillerie légère. A l’intérieur, on aménage la salle à l’aide du crépi de ses parois. La tour qui la précédait – torrió, turrijó, torrigó ou turrija et dont nous avons déjà parlé – se trouve cachée et dissimulée par la construction du Bastion et de sa plate-forme, de laquelle on accède, dorénavant, à la Tour Mayor. C’est aussi à cette époque qu’on généralise les toponymes « Tour de Sueca » ou « Tour Rouge » afin de la dénommer ainsi dans les comptes-rendus d’ouvrage.
Au XVIII siècle on rénove l’accès qui en résulte un peu plus élevé par l’élévation du niveau intérieur. Parallèlement on construit un escalier d’accès à la terrasse qui substitue, très probablement, celle du XVI siècle et celle d‘époque islamique.
Mais, les réformes les plus importantes sont celles menées à bout au XIX siècle. Plus exactement pendant la 3ª Guerre Carliste lorsqu’on démolit le couronnement de la tour et qu’on construit la paroi avec meurtrières de sa terrasse pour y placer l’ensemble des fusils
On démolit la salle voûtée qui existait depuis l’époque islamique et on remblaye tout l’espace, de sorte que la tour se transforme en une plate-forme pour l’ensemble des fusils, sans salles intérieures, et la porte d’accès s‘élève en conséquence. En outre, on construit un escalier partant de la plate-forme du Bastion pour pouvoir sauver la différence de niveau.
Les modifications ne se terminèrent pas car c’est après les guerres carlistes que l’on réalise finalement, les dernières réformes: murage d’une partie des meurtrières, destruction du mur du côté ouest pour y construire un campanile et couverture de l’espace à l’aide d’une toiture inclinée à deux eaux invertie, dont on peut encore observer les essarts de son forgeage. La Tour Mayor, après tant d’agitation, d’études approfondies et d’une récupération pertinente est, de nos jours, objet de visite obligée.
A souligner cher visiteur, la vision de son intérieur totalement vide, avec ses seize mètres hauteur et des restes de structures archéologiques dans le sous-sol, correspondant à des phases d’occupation tellement ancienne qu’elle remonte à l‘époque ibérique. Préparez vos appareils photo car la visite de la terrasse vous offre des vues splendides des quatre points cardinaux.
14) Les Citernes
GPS de Les Citernes: 39.1659, -0.24996
Le Château de Cullera, construit dans une zone à climat Méditerranéen, avec des périodes de pluie courtes et irrégulières, nécessite, depuis ses origines, de la construction de réservoirs pour la récolte d'eau de pluie afin de suppléer... leer más
Le Château de Cullera, construit dans une zone à climat Méditerranéen, avec des périodes de pluie courtes et irrégulières, nécessite, depuis ses origines, de la construction de réservoirs pour la récolte d’eau de pluie afin de suppléer les périodes de pénurie ou de besoin.
Dans le cas du Château de Cullera nous pouvons admirer, après sa récupération, les deux citernes ou réservoirs existants. Leur fonctionnement, bien que simple, a eu une importance vitale puisqu’ils assuraient la subsistance de la garnison en cas de harcèlement ou d’attaque par surprise.
Essayons de comprendre leur fonctionnement qui, d’autre part suivait le sens commun et les lois fondamentales de la physique, car l’eau de pluie qui tombait sur les terrasses de la Salle d’Armes et de la Tour Blanche était canalisée au moyen de tuyauteries de céramique encastrées dans les parois de ces bâtiments, pour aboutir, par gravitation, dans les citernes. Rien de plus simple, cher visiteur, et rien de plus effectif.
Toutefois, les citernes ou réservoirs, construits à l’époque islamique, possédaient des caractéristiques techniques qui encore de nos jours, malgré leur simplicité, étonnent par leur efficacité. D’abord, l’imperméabilisation des parois et du sol est possible grâce à un crépi très fin et compact de chaux mélangée avec de l’oxyde de fer qui lui fournit un ton rouge argileux caractéristique (la couleur appelée almagra). En outre, afin d’empêcher l’accumulation de saleté dans ses jointes, on ajoute une demi-canne qui parcourt tout le périmètre et un bassin central ou puisard qui recueille le lie de l’eau et facilite le nettoyage et l’entretien.
La couverture, une voûte légèrement en ogive réalisée avec un treillis de cannes sur lesquelles on a versé le mortier, présente des orifices latéraux qui servent d’entrée à l’eau provenant des terrasses, et un grand orifice central, là où commençait la margelle du puits, qui permet l’extraction de l’eau au moyen d’une poulie et d’un seau.
Les deux citernes se situaient dans la cour du même nom, dans une position perpendiculaire l’une de l’autre. Toutes deux avaient un accès dans l’un des côtés les plus courts pour pouvoir descendre à l’intérieur et ainsi procéder au nettoyage et à l’entretien.
Nous savons, grâce à la documentation, que les citernes se trouvaient, à l’origine, élevés sur le pavement de la cour ; cependant on le remplit au XVIII siècle pour gagner de la hauteur et construire le bâtiment appelé Sacristie. Ainsi les citernes demeurent occultes et le dallage de la nouvelle cour finit par les couvrir totalement.
Les comptes-rendus d’ouvrage du XVI siècle font référence à ces dernières et à leur état de conservation. Ces références indiquent leur mauvais état, surtout, celui de la citerne la plus proche à la Tour Mayor. Grâce à ces comptes-rendus nous savons que la détérioration était telle qu’elle ne pouvait abriter plus de trois ou quatre empans d’eau, c’est pourquoi ils décident de la murer et de l’annuler. Les fouilles archéologiques réalisées en 2009 découvrent cette deuxième citerne, effectivement murée, mais intacte à tel point qu’on localise sur ses murs intérieurs des « graffitis » au fusain montrant des chiffres, des dessins et des signatures bien conservés.
Le terrassement de la margelle du puits permettant d’extraire l’eau depuis la cour, est conséquence de ce comblement et de cette annulation en tant que réservoir. Raison pour laquelle, l’on peut actuellement admirer l’une des margelles conservées.